Les gens du RER
Jihem

Aucune participation prévue dans les 8 semaines à venir.

Sa fiche

Les gens du RER

Par Jihem - 01-12-2008 14:30:23 - 6 commentaires

Les gens du RER 

Les gens sont passionnants lorsque je prends les transports le matin. Ils ont le regard énigmatique, absent, introspectif, chargé sans doute de la fatigue d’une nuit trop courte, de déceptions de la veille ou de l’inquiétude des heures à venir.

 

L’heure du métropolitain, c’est l’heure du bilan, l’heure d’un nouveau rendez-vous avec l’existence. Pour d’autres, c’est un instant de lecture, plus ou moins attentive, plus ou moins concernée. Une lecture souvent distraite, où l’on relève la tête de temps à autre, comme ça par habitude. Il y a les rencontres avec les collègues, plus ou moins désirées, mais les échanges restent furtifs le matin. Comme si il n’y avait pas encore grand-chose à raconter. Peut-être par peur de se projeter dans les prochaines heures. L’ambiance du soir sera très différente.

 

Le jeune homme en face à une mine préoccupée. Il baille, il est fatigué. Il se penche par-dessus l’épaule de son voisin pour entrevoir la page du quotidien sur laquelle ce dernier a choisi de poser son regard. Façon d’occuper le temps. C’est étrange cette habitude que nous avons à observer les lectures des autres. Par curiosité, par jeu, par hasard ou pour passer le temps. Ma voisine semble avoir cette même curiosité lorsque j’écris. Comme un enfant qui découvre le monde et qui est fasciné par tout ce qui s’anime. Ma voisine passe ses phalanges sur son menton. Elle aussi a l’air préoccupé. Dans ce wagon, il y a autant d’énigmes que de personnages.

 

Pendant cette poignée de minutes passées dans le RER A, je n’ai entrevu qu’un seul sourire, qu’une âme semble-t-il sereine. Et pour le reste un sentiment de résignation. Etrange.

 

Quel visage ai-je moi-même donné à la communauté des migrants du matin ? Mystère. Mais je ressors plein de curiosité, amusé.

 

Billet précédent: Banane durable
Billet suivant: Conte pour ceux qui comptent

6 commentaires

Commentaire de Mustang posté le 01-12-2008 à 21:25:49

Ma poignée de minutes pour aller au boulot, c'est à vélo! nuit à l'aller, nuit au retour! le matin, personne à croiser, juste l'avant-goût du jour!! et c'est déjà beaucoup

Commentaire de marioune posté le 01-12-2008 à 22:12:27

Excellent ce texte, Jihem, je suis rer-iste donc j'y retrouve beaucoup de choses. Parfois je rentre en souriant, franchement, de bonne humeur, et je me recadre vite...Resignation oui.. Le sourire dans le rer, le matin, doit être furtif, s'il est trop long, on passe au mieux pour un extraterreste.
Je lis, je travaille, j'écoute de la musique, je sms..Par contre je ne regarde jamais ce que lisent les autres..je devrais? Je vais commencer.
Il y a aussi ceux qui parlent très très fort, ceux se grattent les oreilles avec leur clés, ou ceux qui explorent leur nez, si profondément, avec leurs doigts, que l'on pense qu'ils doivent faire une sorte de concours...

Commentaire de la mouette posté le 02-12-2008 à 09:41:30

j'ai un bon souvenir du métro à un Noel 2000, j'aime cette énergie de Paris,le corps à corps dans la Rame , un geste simple de solidarité!!

Commentaire de ampoule31 posté le 02-12-2008 à 20:49:20

T'as jamais maté une paire de fesses ? Pas possible !!!

Commentaire de hagendaz posté le 03-12-2008 à 09:31:58

très sympa

Commentaire de laurent f posté le 04-12-2008 à 19:39:56

Promis, juré je ne dirai plus de mal de la SNCF. Ce soir j avais oublié mon Noel dans le TER à savoir un maillot windstopper de chez Gore et du nok soit 100 euros de matos !!!!! Les gars ont tout fait pour éviter de me déplacer à la prochaine gare (45 minutes de bagnole à l allé et 9,5 euros de consigne). Le matos est revenue en TGV !

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Aide - Contact - Mentions légales - Version mobile - 0.54 sec - 260563 visites