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Jihem

Il était une fois... une histoire de lutins
Par Jihem - 2008-09-05 00:57:19
 

Approcher les lutins n’est pas chose facile. Voici ce qui m’est arrivé cette été sur l’île de Noirmoutier. C’était près de la plage de Luzeronde, un matin, où il ne se passait rien. Ou plutôt il ne semblait rien se passer…

 

En flânant dans une ruelle d’un petit quartier résidentiel, je ne sais pas ce qui m’a pris, je je me mis soudain à parler à une fleur : «


 Dis-moi la fleur sais-tu s’il y a des lutins par ce chemin ? ». « Chut !!! » me fit-elle « c’est bien par là, mais méfie-toi, si tu décides de poursuivre ton chemin, sache qu’il est parsemé d’embûches. Et méfie-toi des personnages aux apparences sympathiques. Mais j’ai déjà fait trop de bruit en te parlant ». La fleur se tut. « Serait-ce un rêve ? Serai-je devenu fou ? Cette fleur m’a pourtant parlé. Enfin, me voilà prévenu. »

 

Je décidai de continuer. Plus loin, je passais devant une autre fleur


d’étrange aspect. Je décidai de l’éviter. Un peu plus loin se posait là un arrêt de bus, planté là, au milieu de nulle part, au nom enchanteur de « Les fées ».

Je me souvins alors de l’avertissement de la fleur et passait sans m’arrêter. Quelques encablures plus tard, je découvrais l’entrée d’une résidence à l’appellation tout aussi féerique, « résidence les elfes ». 

"Un elfe, c’est sympathique ou pas ? Je ne sais pas. En tout cas ces noms me disent que je suis certainement sur la chemin des lutins ». La pancarte de l’intersection suivante fut pour moi beaucoup plus inquiétante : « Venelle des loupsGarous 

». Une araignée y avait tranquillement déplié sa toile. La pancarte se trouvait au dessus d'un vieux portail cadenassé par une chaîne.

J’accélèrai le pas quand soudain, un déluge d’images hallucinatoires apparut devant moi, me signalant de multiples dangers.

Je pris mes jambes à mon cou et vis une porte ouverte derrière laquelle je me réfugiais pour souffler. Soudain, je me trouvai dans l’obscurité.  Mon cœur se mit à battre à un rythme effréné. Je cherchai la poigné, sortis. Sur la porte, ce message était placardé :

A l’évidence, je n’étais pas le bienvenu.

 

Je me remis à courir, courir, à la recherche de quelque autochtone. « Enfin en voici un » me dis-je, apercevant l’ombre d’un humain. « Je suis sauvé ». Diable, le type était armé jusqu’aux dents et équipé d’une combinaison étanche. J’en avais vu à la télé en Irak.



 

Ma course repris de plus belle en direction d’une église dont je voyais le clocher. Point d’asile ici, une nouvelle hallucination m’avertissait d’un autre danger.

 

Je me dirigeais alors vers le marais.


Un marais superbe et rassurant. Rassurant ? Au loin une cabane à sel, noire, se laissait entrevoir.

Je ne crois plus au méchant loup depuis longtemps, mais avouez qu’en cette circonstance, l’endroit pouvait inquiéter. Surtout que j’avais un sentiment d’étrange, d’impalpable. Quelque chose me semblait bizarre.

 

Je rebroussai chemin. En lisière du marrais se trouvait un centre équestre


. Je pensais alors au Mustang. « Bien sur » me dis-je, « ce cheval pourra me dire où se trouvent les lutins ».

Effectivement, celui-ci me confirma que j’en étais tout près. A deux pas de là un panneau indiquait la direction de la plage des lutins.

Enfin. J’étais heureux, mais craintif. Enfin, j’allais savoir à quoi ressemblaient ces personnages. Je m’avançai en direction de la mer, m’arrêtai, contemplai l’azur.

Les paroles de la fleur me revinrent, jusqu’à l’obsession. Et si les lutins n’étaient pas sympathiques ? Je décidai de rebrousser chemin.

 

Dis le lutin, tu me racontes une histoire ?


Les âmes pétrifiées du pont Charles de Gaulle
Par Jihem - 2008-09-04 15:46:33

Les âmes pétrifiées du pont Charles de Gaulle

 

Le pont Charles de Gaulle, c’est ce pont où  tout au bout, la grande Horloge attend les passants venant de la gare d’Austerlitz. A l’extrémité de l’ouvrage, ils devront se frayer un étroit chemin, entre deux tours cubiques vêtues de verre. 

 

Il m’arrive parfois le matin de l’enjamber par-dessus la Seine, courant, porté par mes rêves, tel un poisson volant. Je file au milieu d’une foule dont l’âme et les pensées semblent pétrifiées. C’est la scène des besogneux, des travailleurs, dont la traversée qu’ils ont entreprise semble devoir être longue. Véritables statues mouvantes. Leur regard est ailleurs, il ne semble exprimer ni joie ni souffrance. Et pourtant, un sentiment de reddition, de soumission esquisse leurs visages. Savent-ils encore pourquoi ils franchissent le pont, et pourquoi ce pont. Ont-ils oublié la Seine ?

 

Et puis cette grande Horloge, qui les attend, déplaçant ses lourdes aiguilles, lentement, laborieusement. Elle non plus ne sait plus. Il y a ces bancs où personne ne s’assoit, qui n’ont sans doute connu que peu d’émotions, ni ne peuvent témoigner de scènes de tendresse ou de solitude. Ces bancs ne disent rien, ne savent rien. Et puis il y a cette file de voitures qu’on oublie, ces véhicules qui se fondent en un trait épais. Et le métropolitain sur le pont d’à côté, aérien, qui bien qu’âgé ressemble à une image du futur.

 

Et moi je passe heureux, courant, virevoltant, porté par mes rêves et mes pensées.

 

Si un jour tu devais passer ce pont, attend-moi, je te guiderai, t’entraînerai par la main. Je ne me retournerai pas, de peur que ton âme se glace. Et je sentirai ta main, tes ongles, s’amarrer solidement à moi.

 

Je n’ai pas évoqué cet homme en arrêt, une cigarette à la main, lisant l’inscription gravée sur le pont, le nommant, « pont Charles de Gaulle ». Demain, je m’arrêterai sur l’ouvrage. J’y découvrirai certainement une autre histoire, une autre Seine. Peut-être y verrai-je des gens soucieux, des gens pressés, un lapin blanc et des poissons volants…

 

« Je ne vis pas ma vie, je la rêve, c’est comme une maladie, que j’aurais chopée tout p’tit ». Pas vrai jacquot ?

Acrobaties
Par Jihem - 2008-09-04 06:52:49

Acrobaties

 

Vous me croyez naïf ? Je ne le suis guère Ou plutôt si. C’est un choix. Parce qu’il me permet quelque recul face à l’évidence. Contradiction apparente des propos… Apparente.

 

Le regard que je porte n’est pas ce que vous voyez. Pas toujours. Mais il est bien réel. Ma réalité. Il suffit de l’accepter. Ce nuage n’est pas qu’un nuage, Il est aussi le sujet l’élément qu’il a choisi de me dessiner. A chacun de savoir choisir. Voir ou ne pas voir. Pourquoi une chose en évoquerait une autre si ce n’est qu’elle est un peu de cette autre. Ainsi, cette feuille n’est pas qu’une feuille, ce verre qu’un couvert, cette pierre… Question de regard.

 

Ce monde « naif » est peut-être plus risqué, plus incertain. Il est possible certainement de s’y perdre. Mais il n’est pas certain qu’il ne soit pas celui de la raison. Contradiction apparente des propos... Apparente. Est-ce bien « raisonnable », n’est ce pas naïveté que de croire au monde « tel qu’il est » avec « objectivité » ? Ainsi, cette pièce dans laquelle je me trouve n’est-elle qu’un cube creux composé d’une table, de 4 chaises et de quelques accessoires.  Je pense qu’un décor est aussi ce qu’il évoque.

 

Je suis mes passions comme un funambule. C’est un choix. Est-ce un choix ? Je suis pierrot suspendu à « sa » lune. Je peux changer de fil mais ne peut être que sur un seul. Ce fil offre à la fois la légèreté à l’acrobate. C’est aussi sa fragilité. Difficile équilibre. Lorsque le funambule quitte le fil, c’est la chute. Parfois , je me heurte. Contre quoi ? Je ne sais. J’aime ces équilibres précaires pour la légèreté qu’ils apportent. Même s’ils sont parfois douloureux.

 

Je sais ce qu’est une chute, je sais rebondir, étourdi, même si à l’évidence je rebondis mal.

Histoires de mots et mot d’histoires
Par Jihem - 2008-09-03 09:06:19

Histoires de mots et mot d’histoires

 

Il y a les mots de trop, les mots de pas assez,

Il y a les mots qu’on dit comme ça,

Ceux qu’on n’a pas su dire,

Ceux qu’on ne dit pas,

Ceux qu’on aurait voulu dire.

 

Il y a les mots qui passent comme ça,

Ceux qu’on a oubliés,

Ceux qu’on n’oublie pas,

Ceux qu’on n’entend pas et celui qui vous blesse.

 

Il y a les mots d’amour,

Les mots de tous les jours.

 

Il y a les jeux de mots,

 

Il y a les mots des ébats,

Les mots des débats.

Il y a les mots câlins,

Les mots coquins,

Qu’on dit en rougissant,

Ou pas.

 

Il n’y a pas de guerre sans mots.

 

Il y a les ordres,

Et les mots d’ordre.

Il y a les mots qui grondent,

Ceux de la colère,

Ceux de la révolte.

Les mots d’orgueil, d’humilité,

Ou, de lâcheté.

 

Il y a ceux qui savent, les mots,

Ceux qui font comme si, ou comme ça.

Il y a ceux que l’on cite,

Et ceux qui irritent,

Les propos, les quiproquos.

 

Il y a ces mots d’enfants,

Et ceux qu’on leur adresse,

Les mots de l’ouvrier,

Ceux du paysan.

Il y a les mots châtiés,

Les mots de charretier.

 

Il y a les à peu près,

Les mots de travers,

Les mots de traverses.

 

Il y ces mots qui tournent autour de moi,

Des mots de toutes les couleurs,

Comme autant de lueurs.

 

Mais il est temps que je vous laisse,

Jouer avec les mots,

Trouver les vôtres,

Selon votre heure ou votre humeur.

Mort de Jean-Jacques de Felice
Par Jihem - 2008-07-29 11:12:56

Un tout petit billet pour saluer la mémoire d'un grand Monsieur.

http://www.ldh-france.org/actu_derniereheure.cfm?idactu=1753

Think
Par Jihem - 2008-07-23 10:13:30

Ce matin, il ne se passait rien. Ou je ne voyais rien. Tout était calme. Le chauffeur du bus 91 n'avait pas l'air pressé. Probablement, il était en avance. Le RER A aussi semblait vouloir emprunter le chemin des écoliers, direction Mické. Ou peut-être n'était-ce qu'une impression. Soudain, en face de moi, un Blues Brother, la copie conforme ventripotante de Jake Blues. Les lunettes, les rouflaquettes, le chapeau, le costard. Et l'air du faux dur incognito. Z'ont du le louer chez Mickey'land ai-je pensé. Mon esprit s'envole, Aretha franklin monte sur la banquette, Ray Charles réssussite au piano, James Brown fait chauffer la barre et ... le gars descend, station Neuilly-Plaisance.

C'est pas encore l'heure, du grand convoyage vers Sarkoland.

Au boulot !

Le désir à l’épreuve ou l’épreuve des désirs
Par Jihem - 2008-07-22 13:00:22

Le désir à l’épreuve ou l’épreuve des désirs

 

Tout d’abord, il y a les mots qui entourent cette épreuve,

Cent kilomètres, centbornards, ultra-fond,

Des noms pas très jolis,

Peu empreints de poésie.

Encore que cent, phonétiquement,

Peut s’entendre sans, s’en ou…

Sang !

 

Aborder cette épreuve,

Comme on séduit une femme,

Vous trouverez cela étrange ? Curieux ?

Pourtant, cette épreuve, pour l’approcher,

Il faut s’en imprégner,

La désirer,

Aller à sa rencontre. Puis,

La laisser venir,

Se laisser envahir, doucement.

 

Il faut aussi lui résister,

Ne pas se laisser griser,

Ne pas trop s’enhardir, Et,

Savoir être patient, Mais,

Le moment venu,

Se lancer,

Ne plus hésiter.

 

Il y a ces longs moments douçâtres,

Où l’on est bien,

Cette lente procession amoureuse,

Ce temps où tout vous parait beau,

Pourvu que le décor le fut.

Ce temps où le monde vous sourit,

Vous applaudit, vous encourage.

Vous êtes joyeux, et vous vous savez aimé.

 

Il y a ces légères souffrances,

Ces pincements de cœur,

Et ces plaisirs intenses,

Alternance de peurs, de craintes, et de Bonheur.

 

En ces moments, vous pensez à jouer,

Mais d’être trop taquin,

Ou de ne l’être assez,

Peut naître l’échec.

 

Et puis, d’approches en approches,

Voici que l’on s’effleure,

Par les mots, ou le toucher,

Ce moment désiré,

Où tout peut arriver.

 

Le début de l’épreuve est là,

En cet instant, entre le soleil et l’abîme,

Buster Keaton suspendu à son aiguille,

Le funambule sur son fil,

Entre le sol et son étoile.

 

J’aime ce moment où le corps n’est plus le guide,

Mais où l’esprit a envie,

Hanté par le désir,

Entre le bonheur et la douleur.

 

C’est le moment de la parade,

Celle que l’on aime succombera-t-elle ?

Où est-ce vous qui succomberez ?

 

Et puis, et puis, il y a l’arrivée,

Le final, l’effort ultime,

Ce bonheur animal,

Cette extase physique et moral,

Cette chaleur immense,

Ce corps raidit que l’on livre,

Sans trop le maitriser.

 

Et puis, la délivrance,

Le relâchement, les larmes, les émotions.

 

Si de cette douce épreuve,

Vous n’avez plus l’envie,

Alors peut-être n’étiez-vous,

L’un pour l’autre pas fait,

Mais le cas échéant,

Vous êtes bel et bien épris.

 

Aujourd’hui j’ai envie,

De trahir un peu la route,

D'aller querir d’autres fantaisies,

Des sentiers plus sinueux, plus escarpés,

Ceux de la montagne et des sentiers.

 

Ainsi va la vie.

 

Vous allez où ?
Par Jihem - 2008-07-17 20:43:10

Cet après-midi, station de RER de Port-Royal.

Un type au guichet : "Le métro c'est où ?"

La femme du guichet : "Ca dépend. Vous voulez aller où ?"

Le type : "Je ne sais pas. Vous avez un plan ?"

Mon off à moi
Par Jihem - 2008-07-16 01:14:04

21h15, je m'élance de Saint Jean de Monts direction le Pont de Noirmoutier. Petite sortie de 35 ou 36 kms dans l'improvisation ou presque. Objectif : apprivoiser la nuit. Je pars en short et débardeur, un camel bag avec 2 l d'eau, de quoi manger, se couvrir,  téléphoner, photographier, écrire. Et la frontale pour la nuit.

 

Après un petit parcours en forêt, je me retrouve sur la plage de Saint-Jean. celle-ci va me mener jusqu'au pont de Noirmoutier.

 
 
Il fait encore jour, le soleil descendant joue avec les nuages et se fait rougissant.
 
 
 
 
 

Ce parcours, je l'ai déjà fait il y a 5 ans. Le point de départ d'une renaissance

 

et de mon amour naissant pour la course à pied. A l'époque, je l'avais fait comme ça sans entrainnement.

 

Je pars tranquille, je m'arrête, je photographie.

 

 

Je ne suis pas pressé. J'attends la nuit avec une certaine impatience. J'ai le vent contre moi, je sais qu'il me portera au retour. Entre Saint Jean et le Pont, il y a Notre Dame de Monts. Le reste n'est que plage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jusqu'à Notre Dame, je croise du monde, un peu. Je passe la cité balnéaire.

 

 

Et je m'aperçois que j'ai perdu mon portable. Je me retourne et je vois une jeune fille courant derrière moi. 300 m elle a effectué pour essayer de me rattraper. Si je ne m'étais retourné, elle ne serais jamais revenue. Une autre jeune personne cours derrière elle, un peu moins sportive. Elle tient la batterie à la main. Je les remercie chaudement, impressionné par tant de dévossion. 

Je poursuis mon chemin. La nuit est tombante et je suis seul. Je ne croiserai désormais plus personne ou presque. une ombre ici, une autre là. J'hésite à aller jusqu'au pont. Cette nuit tombante me stresse un  peu, comme un enfant. Je rêve de l'UTMB, j'ai envie de montagne. Je poursuis et j'arrive. Je monte sur le pont. C'est un pont, la nuit.

 

 

Il y a des autos, il y a des phares.

 

Pas de quoi rêver. Mais je suis bien. Il fait nuit noire et je suis apaisé. 

Je repars. Je croise une ombre dans le noir. Je cours à côté d'un bateau de pêche. Où c'est lui qui fait sa route à côté de moi. Puis plus loin, des pêcheurs habillés pour la nuit. Je me couvre d'un vêtement de plus. 

A Notre Dame, j'éteins la frontale, et je me dirige vers les lumières des lampadaires. Je filme, et je tombe sur un bloc de béton. Mon appareil photo brisé. Mon cardio que je mets pour la première fois  cassé. Ma sortie est gachée. Jihem, le coureur de lune découvre soudainement qu'on aprivoise pas la nuit. C'est elle qui nous aprivoise. Ou pas. Le temps de tout remettre dans mon sac, je repars, quelques gnons sur le corps, à peine. Et une blessure à l'âme. je ne regarde plus le sol, je regarde au loin. 

Arrivé à Saint Jean, je décide tout de même de finir le trajet par la forêt. Je la connais bien cette forêt, mais les repères la nuit sont faussés sur ces petits chemins. J'éteins la musique qui m'accompagnait jusque là. Je m'engouffre. 1h20, j'arrive. Ces distances ne me suffisent plus. J'ai envie de long et j'ai envie de sommets.

j'aurais aimé dédier cette sortie de lune au soleil naissant, cette sortie entre deux mondes, deux éléments, cette balade entre deux astres. Mais le funambule est tombé. 

Jihem relève toi !!!

 

 

 

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